Les Elfes de Taraya

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 Rois Elfes

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SeigneurContenu de la lettre
Redolegna
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MessageSujet: Rois Elfes   Jeu 19 Jan 2006, 22:32

Le Défenseur Aenarion 1-80 (C.I. - 4500 à - 4920)

C'était une ère sombre, une époque de conflits, de rage et de terreur durant laquelle les créations cauchemardesques du Chaos ravageaient le monde. Les Anciens avaient été déchus, abandonnant leurs enfants à la proie des démons. Le portail du pôle, qu'ils utilisaient pour voyager d'un monde à l'autre, s'était effondré en laissant une puissante énergie magique se répandre sur le Monde Connu. Les démons, les sorciers, les déchus et les damnés, tous enfants du Chaos, franchissaient les portails pour dévorer le monde.

Sur Ulthuan, l'île mère du peuple elfique, le long Age d'Or et de la paix touchait à son terme. Les hordes du Chaos s'étaient abattues sur ses habitants comme des loups sur des jeunes agneaux, émergeant des mers en furie pour massacrer sans pitié les enfants de la Reine Eternelle. Ne connaissant pas la guerre, ignorant les conflits, les elfes n'avaient aucune chance de résister. Ils durent assister impuissants au spectacle des armures noires brûlant leurs bois pendant que des hommes bêtes hideux rasaient des villes entières. Les hurlements des démons se faisaient écho au-dessus des ruines des antiques cités.

Ils ne restaient aux elfes que la fuite. Leurs arcs et leurs lances, qu'ils n'utilisaient que pour la chasse et les duels d'honneurs, se brisaient contre les armures des guerriers du chaos et la peau de bronze des démons. Les enfants de la Reine Eternelle se cachèrent dans les cavernes et les bois profonds en priant qu'on ne les découvre pas et qu'un sauveur vienne les délivrer.

Ce sont des ténèbres sanglantes qui marquèrent cet âge terrible dans lequel naquit Aenarion, le plus grand et le plus pathétique de tous les héros elfes : champion maudit et dieu déchu, le plus puissant guerrier d'une ère luttes pour la vie, la mieux aimé des Rois Phénix d'Ulthuan et d'entre tous, celui qui eut le destin le plus tragique. Ce demi-dieu bouleversa l'histoire.

On sait bien peu de choses sur le début de sa vie. Certains avancent qu'il était aventurier, l'une de ces âmes infatigables qui, à la tête d'une petite bande de compagnons, quittait la paix éternelle d'Avelorn à la recherche de leur destinée dans les terres lointaines. Lors de l'invasion du Chaos, il combattit de son mieux en sachant malgré tout que les pitoyables armes des elfes et la sorcellerie pacifique de la Reine Eternelle ne pourraient résister longtemps à la puissance des ténèbres. Révolté par le massacre de son peuple, il voyagea sur cette terre dévastée jusqu'au temple d'Asuryan, déterminé à invoquer l'aide de son dieu.

Alors même que les armées du Chaos assiégeaient le temple, Aenarion, debout devant la flamme éternelle, supplia Asuryan de venir en aide à son peuple. Mais son dieu ne semblait pas l'entendre et aucun signe ne lui parvenait. Il pria longtemps et fit l'offrande d'un agneau blanc, mais en vain. Devant le dédain d'Asuryan, Aenarion jura de faire le sacrifice suprême en échange de la survie de son peuple. Toujours sans réponse, il tint sa promesse et se jeta dans la chaleur infernale du feu sacré. Son corps se consuma douloureusement, la souffrance saisit ses membres, ses cheveux s'enflammèrent et son cœur cessa de battre. Ceux qui le regardaient le crurent mort et c'est alors que le miracle survint.

Aenarion refusait de périr. Lentement, avec peine, il tituba hors du foyer. Sa peau brûlée reprit son apparence normale et ses cheveux calcinés retrouvèrent leur éclat. Il sortit indemne des flammes, transformé par le feu purificateur. Sa peau était claire et translucide et ses yeux avaient l'éclat de l'esprit d'Asuryan. Une lumière émanait de son corps, une lumière que tout le monde pouvait voir. Tous savaient qu'il était désormais le gardien d'un pouvoir transcendantal et les elfes se placèrent immédiatement sous ses ordres.

Aenarion sortit du temple pour mener les elfes au combat. La horde hurlante du Chaos lui faisait face. Il prit son javelot de chasse et le projeta sur Morkar, le général du Chaos. L'arme traversa son corps et continua sa course à travers le torse de son porte-étendard pour venir se ficher dans le cou d'un minotaure. Désarmé, Aenarion dévala les marches du temple devant ses ennemis abasourdis. Il s'arrêta devant le corps de Morkar et se saisit de son épée tandis que les serviteurs du Chaos l'encerclaient, hurlant vengeance. Mais c'était comme s'ils attaquaient un mur de lames à mains nues, le pouvoir d'Asuryan coulait dans les veines d'Aenarion. Sa lame chantait la mort en tailladant les fidèles du Chaos qui étaient assez fous pour s'approcher. Ce jour-là, Aenarion aurait pu détruire une armée entière de sa seule épée.

Le voyant accomplir un tel carnage contre des ennemis jusqu'ici invincibles, les elfes du temple reprirent courage. Ils prirent leurs lances et accoururent à son aide.

Grande fut la tuerie et joyeuse la fête qui s'ensuivit. Les elfes avaient remporté une inoubliable victoire, ils en remercièrent Aenarion en lui prêtant allégeance. Celui-ci quitta le temple et s'embarque pour Caledor, la seule région des terres elfiques qui avait résisté à la puissance du Chaos. Là, il rencontra Caledor le dompteur de dragons, le premier Prince Dragon et le plus grand des hauts mages du passé.

Caledor vit tout de suite qui était vraiment Aenarion, un demi-dieu, et il s'agenouilla devant lui. Chevauchant des dragons, ils s'envolèrent pour le temple forteresse de l'Enclume de Vaul. C'est là que fut martelée l'armure sacrée d'Aenarion, ainsi qu'un nombre suffisant d'épées et d'armures pour équiper une armée.

Pendant une brève période, les conflits cessèrent. Aenarion avait besoin de temps pour lever son armée, et de nombreux elfes qui avaient survécu à l'invasion se joignirent à lui. C'était exactement les soldats dont Aenarion avait besoin pour mener sa croisade sacrée. Beaucoup avaient perdu leur famille, massacrée par les serviteurs du Chaos. Ils avaient de vraies raisons de haïr leurs ennemis et ils étaient prêt à mourir pour venger les leurs. Sous la direction d'Aenarion et de son conseiller Caledor, les elfes apprirent l'art du combat. Une ost puissante fut rassemblée pour protéger la terre natale des elfes avant que les hordes noires ne repassent à l'offensive, toujours plus dangereuse. Comme la foudre, les elfes descendirent des montagnes de Caledor. Les chevaucheurs de dragons écrasèrent l'armée des hommes bêtes. Des unités d'infanterie lourdement armées et portant de puissantes armures repoussèrent les serviteurs des quatre puissances. Au cours de cette campagne, Aenarion trempa son armée à la manière d'un forgeron martelant son épée. Chevauchant Indraugnir, l'aîné des dragons, il était à la tête de ses troupes dans chaque bataille. Des nuées d'immenses créatures ailées au souffle enflammé s'abattirent sur les armées des ténèbres et les repoussèrent du cœur d'Ulthuan jusqu'aux rivages de l'île.

A Korumel, que l'on nomme aujourd'hui Ellyrion, Aenarion tua N'Kari, le Gardien des Secrets, bannissant le démon du plan des mortels pour des siècles. Au pied des collines du sud de Chrace, il écrasa l'armée des adorateurs de Khorne commandée par Vorghan le Tueur. Il nettoya ensuite les bois sacrés de l'île des Pommes de la souillure des danseurs-crânes de Slaanesh et de leur maîtresse Aazella. Le feu des dragons calcina Hugin le Seigneur Pestilentiel et les légions putrides de Nurgle. La guerre semblait enfin toucher à sa fin.

Comme un linceul sur le corps d'un défunt, la paix recouvrit Ulthuan. Ce fut une période de douleur et de tristesse sur une terre fatiguée par la guerre et affaiblie par la perte de ses enfants. C'était un temps de brèves rencontres et de bonheurs éphémères. Au nord, le portail devenu fou continuait à ronger le cœur du monde comme un cancer.

Le flux surnaturel ne cessait de croître et Ulthuan, situé sur une faille de la réalité, était saturé d'énergie magique. Les sommets des monts Anulii étincelaient de couleurs changeantes. Les jeunes femmes enfantaient des monstres et la voix du Chaos résonnait dans les vallées. De terribles ricanements emplissaient les nuits étoilées comme autant de présages aux événements étranges qui survenaient parfois. Les oracles étaient fous de terreur, le gardien du temple d'Asuryan se creva les yeux, mais en vain. Ses terribles visions continuèrent à le poursuivre et lorsqu'on le questionnait sur l'avenir du monde, il se renfermait dans son mutisme.

Durant ce laps de temps ? Aenarion fut reçu à la cour de la Reine Eternelle. Dans son armure d'or, il ressemblait à un géant accablé au visage fatigué. Là, il rencontra Astarielle, la Reine Eternelle et l'épousa. On sait peu de chose sur leur vie commune sinon qu'ils vécurent une brève période de bonheur. Des jumeaux naquirent d leur union, une fille nommée Yvraine, la future Reine Eternelle et un fils qu'ils baptisèrent Morelion.

Puis les forces du Chaos réapparurent et les olifants d'argent appelèrent de nouveau Aenarion au combat. La guerre embrasa de nouveau les terres d'Ulthuan.

Les elfes et leurs alliés dragons commencèrent par avoir le dessus mais, lentement et sûrement, les serviteurs du Chais devenaient de pus en plus puissants. Leur nombre était incalculable. De plus en plus de démons et d'êtres corrompus émergeaient du portail polaire. Un nombre croissant d'humains mutaient sous l'emprise des grands nuages de magie chaotiques venus du nord. Des monstres de plus en plus nombreux descendaient des montagnes chatoyantes. Chaque elfe qui tombait était une perte irremplaçable alors que pour un serviteur du Chaos tué, deux se levaient pour combattre.

La guerre se prolongea durant des décennies. Parfois, grâce à des efforts héroïques, les elfes délivraient leur terre pour un bref moment. Ils envoyaient alors des expéditions sur les autres continents pour aider les nains et les humains. Mais il était évident qu'ils perdraient cette guerre d'usure. Les victoires ne faisaient que retarder l'inévitable et chaque défaite accélérait inexorablement le processus. Le conflit épuisait les elfes les plus valeureux, même Aenarion. Au contraire, les forces du Chaos combattaient sans repos ne montrant ni faiblesse ni pitié, implacables, déments et meurtriers.

Alors advinrent deus événement qui allaient faire basculer l'histoire des elfes et être à l'origine des drames qui s'ensuivirent.

Après un siècle de recherches infructueuses, Caledor découvrit enfin l'origine de l'invasion du Chaos et mit au point un plan désespéré pour la contenir. Il savait maintenant que le portail des Anciens s'était effondré en déversant des vagues d'énergie corruptrices. Cet antique portail permettait aux serviteurs des ténèbres de se répandre sur le monde et c'était l'effet cataclysmique de son énergie maléfique qui était responsable de la naissance de tant d'hommes bêtes et de monstruosités.

Le plan de Caledor devait regrouper ces énergies et les renvoyer dans le royaume du Chaos en créant un vortex cosmique qui drainerait la magie du monde et délivrerait ses habitants de la menace. C'était un plan qui avait fort peu de chances de réussir, mais Caledor et beaucoup d'autres pensaient que tenter un acte aussi désespéré soit-il, était préférable à la mort lente qui menaçait le peuple elfique.

Aenarion s'y opposa, surnommant ce plan le conseil du désespoir. Même si au fond de son cœur il savait que la guerre était perdue d'avance, il était déterminé à se battre jusqu'au bout. Au campement de l'armée elfe, Aenarion et Caledor en discutaient encore lorsque de funestes nouvelles leur parvinrent. Une armée d'hommes bêtes et de guerriers du Chaos était tombée sur Avelorn. La Reine Eternelle avait succombé et les corps de leurs enfants avaient disparu. On les supposaient morts ou aux mains des serviteurs du mal. Terrassé par le chagrin, Aenarion se retira sous sa tente. Quand il en sortit le matin, quelque chose en lui avait changé.

Aucun de ceux qu'il croisait ne pouvait soutenir son regard. Il était empli d'une indicible rage et d'une fureur sans limite. Il jurait qu'il tuerait tous les adorateurs du Chaos qu marchaient à la surface de la terre. Ceux qui l'entendirent ne doutèrent ni de sa folie, ni de sa résolution. Les forces du mal étaient trop puissantes pour être anéanties, mais Aenarion en voulait pas le croire. Lorsqu'il annonça qu'il se rendait sur l'Ile Blafarde, l'horreur emplit le cœur de ceux qui entendirent ces paroles. Tous savaient ce que cela signifiait : Aenarion allait retirer l 'épée de Khaine, le Faiseur de Veuves et porter cette arme divine et meurtrière.

Elle attendait depuis le commencement des temps, fichée dans le grand autel noir de Khaine sur l'Ile Blafarde. L'arme était aussi vieille que le monde et plus mortelle que le plus puissant poison. C'était un éclat de l'arme meurtrière de Khaela-Mensha-Khaine forgée par Vaul lui-même, un fragment de mort cristallisée, capable de tuer les démons aussi bien que les dieux. Aucun mortel ne pouvait la porter et continuait à vivre, mais Aenarion était au-delà de l'espoir et du désespoir. Il ne vivait plus que pour tuer.

Caledor savait ce qui restait d'arriver et fit tout pour retenir Aenarion. Il lui dit qu'il serait maudit s'il s'emparait de l'épée, qu'un tel pouvoir était trop grand pour un mortel, et qu'il ne pourrait la porter qu'au prix de son âme. Temporairement possédé par un don de prophétie, Caledor prononça des mots qui résonneront jusqu'à la fin des âges. Il dit à Aenarion que s'il s'emparait d'un tel pouvoir corrupteur, il condamnerait les elfes à des siècles de tragédie. Il lui dit aussi que lui et sa lignée seraient maudits jusqu'à la dernière génération, que les dieux détourneraient de lui leurs visages et qu'il serait condamné. Le premier Roi Phénix ne répondit pas, il enfourcha Indraugnir et s'envola dans la nuit d'encre.

On sait peu de choses sur sa quête. Ce qui est certain, c'est qu'il parvint jusqu'à l'Ime Blafarde, ignorant les mises en garde des mortels comme celles des immortels. Pendant son voyage les présages abondèrent.

Des démons tentèrent de le détourner de son but tandis que les dieux elfiques lui murmuraient des avertissements. Une grande tempête se leva alors qu'il approchait de l'île, comme si les éléments aux-mêmes voulaient le dissuader.

Indraugnir était puissant, même parmi les dragons, mais le voyage l'avait épuisé. Aenarion fit les dernières lieues à pied sur la plaine hantée. On dit que le fantôme de sa femme le supplia de ne pas aller plus lion. Mais fermant son cœur, Aenarion ignora les suppliques et tira la grande lame sanglante de l'autel, scellant son destin et celui de son peuple.


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MessageSujet: Re: Rois Elfes   Jeu 19 Jan 2006, 22:34

Aenarion retourna au combat suivi de ses soldats. Le pouvoir de l'épée était si grand que rien ne pouvait lui résister. Elle emplissait d'effroi ses ennemis et donnait à son armée une foi inébranlable et une soif de sang inextinguible. Les serviteurs d'Aenarion devinrent brutaux, cruels et sans pitié, perdus dans un cauchemar de massacres sans fin. A chaque victoire, ils perdaient un peu plus conscience de leur destinée, ils combattaient sans se préoccuper de leur vie, uniquement possédés par le désir insatiable de répandre le sang de leurs ennemis. Tous les guerriers elfes devinrent inconscients du danger mais le plus inconscient de tous demeurait Aenarion.

Les vieux démons enfouis dans l'âme elfique commencèrent à refaire surface et un esprit ténébreux recouvrit leur armée d'un voile noir. Certains se battaient pour la joie du combat et d'autres pour le simple plaisir de tuer. Aenarion se tailla un nouveau royaume au nord d'Ulthuan, sur les terres désolées de Naggarythe, une région dont le paysage reflétait ses états d'âme. Ce royaume attira à lui les guerriers les plus sauvages de son armée.

A la surprise générale, Aenarion se remaria avec la mystérieuse prophétesse Morathi à la beauté fatale qu'il avait sauvé des adorateurs de Slaanesh. De cette union naquit Malekith, qui devint l'elfe le plus honni par ses pairs. La cour d'Aenarion devint un endroit dangereux, plein de jeux cruels et de fiévreuses orgies. Des divertissements barbares comme la chasse à l'homme y étaient pratiqués et de sombres rumeurs circulaient.

Beaucoup s'enfuirent, dentant grandir la puissance du mal. Caledor mena ses chevaucheurs de dragons vers le sud, sa terre natale. Il était désemparé par le changement de comportement de son vieil ami et sentait les ténèbres ronger son âme. Aenarion ressentit le départ des chevaucheurs de dragons comme une trahison et jura qu'il se vengerait de leur prince. Mais avant qu'il ne mette ses menaces à exécution, de nouvelles forces du Chaos envahirent la terre natale des elfes.

La guerre ne durerait pas longtemps, lutte inégale entre les elfes et les innombrables légions des quatre puissances. Touché par Asuryan et marqué par Khaine, Aenarion, fils des ténèbres et de la lumière, était invincible. Sa lame lui donnait un pouvoir dépassant la compréhension humaine et la flamme éternelle lui offrait la force de l'utiliser. Au combat, il tuait d'innombrables ennemis et sa loyale monture Indraugnir était un défi même pour les démons. Mais il ne restait plus à Aenarion qu'un nombre restreint de fidèles pour continuer la guerre contre le Chaos : les plus sauvages, les plus cruels, les plus impitoyables des elfes. Excepté pour Aenarion et ses serviteurs, il était évident que la guerre et le monde étaient perdus.

Caledor décida qu'il ne lui restait plus qu'une chose à faire. Jusque là, il avait respecté l'ordre de son vieil ami de ne pas créer de vortex, mais aujourd'hui, il n'avait plus rien à perdre. Il demanda aux plus grands mages elfes de se rassembler autour de l'Ile des Morts pour commencer le grand rituel. Toutes les forces du Chaos se jetèrent dans la bataille tandis que leurs plus puissants sorciers tentaient de briser les sorts qui protégeaient l'île.

Aenarion n'eut pas le choix, il rassembla ses forces et vint défendre l'Ile des Morts. Les deux armées se rencontrèrent en plein cœur d'Ulthuan .Les dragons étaient si nombreux que leurs ailes cachaient le ciel à la horde du Chaos. Sur la mer et dans les cieux, la bataille fit rage entre les elfes et les serviteurs démoniaques. Les monstres agonisants remplissaient la mer d'écume. Les dragons morts s'écrasaient au sol, foudroyés par une magie meurtrière. Alors que le vortex prenait forme, les mers s'agitèrent et de terribles bourrasques soufflèrent du nord. Les cieux s'assombrirent et des éclairs déchirèrent les nues.

Au centre du champ de bataille, Aenarion était face à quatre démons majeurs : un Duc du Changement, un Grand Immonde, un Gardien des Secrets et un Buveur de Sang. Il leur barrait l'accès des rivages de l'île. Du sang s'écoulait de son épée et son armure étincelait de mille feux dans les rayons du soleil couchant. Les narines du vieux dragon laissaient échapper des flammèches. Pendant quelques instants, les combattants s'observèrent, les yeux brûlants d'une haine indicible. Les démons parlèrent, appelant Aenarion leur frère. Puis dans un rugissement, les combattants chargèrent.

Aenarion frappa et l'épée de Khaine marqua le Gardien des Secrets d'une grande balafre au front. Indraugnir lança des flammes ardentes sur les démons hurlants. Ils poussèrent des plaintes effroyables et se débattirent lorsque l'air enflammé les enveloppa. Le Duc du Changement projeta un éclair d'énergie magique qu'Aenarion dévia de son bouclier. La violence du choc le désarçonna malgré tout. Il se releva rapidement pour asséner à son adversaire un coup puissant qui lui fendit le crâne et lui sectionna le bras.

Le Buveur de Sang s'élança sur Indraugnir et terrassa le dragon. Le Grand Immonde vomit un fleuve de corruption. Le liquide pestilentiel entoura Aenarion soudain pris de vertiges. Il était incapable de résister aux vapeurs méphitiques qui le faisaient chanceler.

Les sorciers hauts elfes psalmodiaient l'incantation qui devait créer le vortex. Les éclairs crépitèrent, illuminant un monde qui tremblait. Le calme et le silence revinrent pour un court moment puis les montagnes vacillèrent. Une terrible énergie vibrait entre le ciel et la terre. Des éclairs d'énergie pure provenant des sommets des montagnes convergèrent au-dessus des de l'Ile des Morts. Les nuages virevoltaient et se recroquevillaient, disparaissant sur eux-même comme des vagues d'un tourbillon. L'air devint plus dense en se chargeant d'énergie maléfique. Les elfes avaient du mal à respirer tant elle brûlait les poumons. Le sol se fissura et d'immenses blocs de rochers furent aspirés vers le ciel par le puissant flux de magie.

Sur l'une de ces îles volantes, Aenarion continuait de combattre. Le Gardien des Secrets l'attrapa dans ses serres. Les terribles griffes ne pouvaient pas déchirer l'armure mais la poigne du démon était trop puissante pour un mortel. Les côtes d'Aenarion se brisèrent comme du petit bois sous la pression. La douleur aurait tué n'importe qui d'autre, mais Aenarion avait traversé le feu d'Asuryan et aucune nouvelle agonie n'entamerait sa volonté. Il s'agrippa à son épée et frappa le poitrail du démon de toutes ses forces. Dans un cri terrible, la chose s'estompa et disparut.

Dans la main d'Aenarion, l'épée de Khaine se repaissait d'un sang enflammé. La lame démoniaque, maintenant douée de vie, murmura de terribles menaces dans l'esprit du guerrier. Ayant bu l'âme du démon, elle donna une force nouvelle à Aenarion. Le Roi Phénix tituba vers le Grand Immonde qui le menaçait de son rire sadique et surnaturel.

Sur l'Ile des Morts, les sorciers elfes mouraient les uns après les autres. Les plus faibles tombèrent les premiers, le cerveau brûlé et la chair arrachée des os par le pouvoir corrosif qu'ils avaient libéré. Ils continuaient pourtant de psalmodier, sachant que s'ils arrêtaient maintenant, le sort deviendrait incontrôlable et tous leurs efforts n'auraient servi à rien. Aenarion enfonça sa lame dans les boyaux du serviteur de Nurgle, tranchant son ventre mou et libérant une vague de putréfaction opaque. Un flot de pourriture, de bile et d'asticots grouillants menaçait d'envahir les poumons d'Aenarion. Les entrailles de la chose s'enroulèrent autour de lui comme les tentacules d'une pieuvre démoniaque.

Lentement, Aenarion était attiré vers le corps du démon. Alors qu'il allait se libérer, trois autres tentacules l'entourèrent pour l'entraîner vers l'immondice. Il appela à l'aide Indraugnir. Le vieux dragon tourna la tête et projeta un souffle de flammes ardentes sur le démon, calcinant sa chair. Protégé par son armure enchantée, Aenarion se dressait indemne au milieu de la tempête de flammes. Le Buveur de Sang profita de la distraction d'Indraugnir pour lui asséner un cou p mortel. Ses puissantes griffes déchirèrent les écailles du dragon. Indraugnir hurla et lacéra le Buveur de Sang avec un regain de fureur, utilisant ses dernières forces pour tenir éloigné le serviteur du Dieu Sanglant.

Tout juste capable de se tenir debout, Aenarion se lança dans le combat. Le Buveur de Sang lui porta un coup qui lui brisa le bras gauche, laissant pendre mollement à son côté son bouclier inutilisable. Un autre coup lui fracture le crâne. Le Roi Phénix était au bord de l'inconscience mais il refusait d'abandonner. Réunissant ses dernières forces, il fit tournoyer l'épée fatale dans un formidable arc de mort. Le coup aurait pu briser une montagne et il trancha en deux le corps du démon. Sur l'Ile des Morts, les derniers mages survivants terminèrent leur chant. Pendant un moment, tout fut silencieux. Aenarion, mortellement blessé, se hissa sur la selle du de son dragon agonisant et ils s'envolèrent pour leur dernier voyage.

Ballotté par des vents violents, Indraugnir porta le Roi Phénix moribond haut dans le ciel au-dessus du champ de bataille. Regardant vers la terre, il fut le spectateur du dernier et terrifiant événement de cette journée. Dans un éclair aveuglant, l'île disparut alors qu'une tempête de flux magiques tourbillonnait autour d'elle.

Le rituel n'avait pas entièrement réussi. Certes, le vortex avait été créé, la magie se retirait et les démons affaiblis mouraient des poissons hors de l'eau, mais le prix en fut terrible. Les sorciers hauts elfes avaient réussi à former le vortex, mais ils étaient piégés à l'intérieur, le laissant éternellement ouvert, pris à jamais dans les derniers instants de leur lutte contre le Chaos.

Après le silence vint la tempête. Un raz-de-marée déferla sur la mer intérieure, de grands murs d'eau firent sombrer les navires et déracinèrent les arbres sur le rivage. Il semblait que toute la magie du monde était piégée au cœur de ce maelström qui dura trois jours.

Indraugnir ramena Aenarion sur l'Ile Blafarde. La magie fuyante avait eu raison de son pouvoir. La grâce d'Asuryan n'était plus aussi présente dans son esprit et l'épée de Khaine ne lui fournissait plus une force illimitée. Les grands jours de la magie touchaient à leur fin. Alors que les pouvoirs démoniaques l'abandonnaient, la démence quitta l'esprit d'Aenarion. Le Roi Phénix pensait aux sarcasmes des démons. Sa conscience luttait contre les promesses murmurées par l'épée diabolique. Il savait que celui qui s'en emparerait pourrait facilement dominer le monde. Les forces d'Indraugnir l'abandonnèrent alors qu'il atteignait l'Ile Blafarde. En se posant sur la plaine des ossements, le dragon rua et lança un dernier rugissement de défi avant de s'effondrer pour mourir. Rassemblant ses dernières forces, Aenarion rampa jusqu'à l'autel et enfonça l'épée dans la pierre, si profondément que personne ne pourrait plus l'en retirer. Alors, dit-on, il s'allongea aux côtés de sa monture pour y reposer éternellement. Avec lui s'éteignit le premier âge du monde.


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MessageSujet: Re: Rois Elfes   Jeu 19 Jan 2006, 22:34

L'Explorateur Bel Shanaar, 1-1669 (C.I. - 4419à - 2750)

Après la disparition d'Aenarion, le désordre régnait partout sur les terres d'Ulthuan. La Reine Eternelle était morte, le Roi Phénix perdu, et le Prince Dragon Caledor emprisonné à jamais sur l'Ile des Morts avec les plus grands et les plus sages des sorciers hauts elfes. Après la perte de leurs chefs, les armées du Chaos se retirèrent, harcelées par les troupes d'Ulthuan qui les taillèrent en pièce. Le pays retrouva la paix mais l'Age d'Or était passé pour toujours. L'invasion du Chaos avait donné de nombreuses leçons aux elfes qui jurèrent de ne plus jamais se laisser surprendre par leurs ennemis. Les terres étaient ravagées mais de nombreux royaumes puissants s'étaient levés en Ulthuan, des cités nouvelles s'étaient développées autour des vieilles forteresses. La plupart des grandes cités elfiques datent de cette époque, ce qui explique en partie leurs sites isolés et faciles à défendre. Les princes de ces royaumes décidèrent qu'ils avaient besoin de quelqu'un pour les guider dans l'éventualité d'une nouvelle guerre. Le premier conseil se tint au temple d'Asuryan, un an après la disparition d'Aenarion.

Là, les elfes apprirent que les premiers enfants d'Aenarion étaient toujours en vie. Sentant la mort approcher, leur mère les avait envoyés se réfugier dans le Val de Gaen. Ils se perdirent et furent sauvés d'une attaque du Chaos par l'homme arbre Cœur de Chêne et son peuple. Les hommes arbres les avaient gardés en sécurité dans la profonde forêt alors que la guerre faisait rage. Yvraine était prête à devenir la nouvelle Reine Eternelle car en elle vivait l'esprit d'Astarielle.

Le successeur le plus évident au trône du Roi Phénix était Malekith, le fils d'Aenarion et de Morathi. Il avait grandi et était devenu un puissant guerrier, un grand sorcier et un excellent général. C'était un bel homme et un grand orateur, doué d'un talent inné pour la diplomatie et le commandement. Mais ceux qui se souvenaient des jours cruels de la cour d'Aenarion à Naggarythe se demandaient si un enfant élevé là-bas pouvait être entièrement saint d'esprit.

D'autres se rappelèrent les funestes paroles de Caledor sur la malédiction de la lignée d'Aenarion. D'autres encore désiraient avant tout un mariage entre les deux trônes pour symboliser le renouveau des roi elfes et l'unité des anciens et des nouveaux dirigeants. Malekith ne pouvait rester prétendant, la Reine Eternelle étant sa demi-sœur. Malekith parla franchement et dit qu'il ne désirait le trône que pour honorer la mémoire de son père. Si les princes ne le choisissaient pas, cela n'aurait aucune importance, il rendrait hommage à celui qui serait élu. Les princes pensèrent que c'était là de justes paroles et le prirent au mot. Ils désignèrent Bel-Shanaar, prince de Tiranoc, un elfe qui s'était illustré pendant la guerre tet qui représentait maintenant la voie de la paix et de la raison. Morathi cria son mécontentement de voir son fils ainsi évincé, mais ce dernier l'apaisa et entérina sa décisions. Il fut le premier à s'agenouiller devant le futur Roi Phénix. Les astrologues et les devins calculèrent le meilleur moment pour le début du règne et la cérémonie. Le jour du couronnement, les prêtres d'Asuryan chantèrent les incantations qui permirent à Bel-Shannar de traverser indemne la flamme sacrée. Les Gardes Phénix, survivants des guerriers qui avaient été témoins de l'avènement d'Aenarion, l'attendaient au-delà de la flamme pour poser sur ses épaules le manteau de plumes royal. La voix de Malekith fut la première à l'acclamer. Ainsi débuta la grande période d'exploration et d'expansion. Durant les premiers siècles du long règne de Bel-Shanaar, les elfes réparèrent les dommages de la guerre et explorèrent les contrées alentour. Leurs vaisseaux traversèrent les mers et longèrent les côtes des continents. Des colonies s'implantèrent en Lustrie, dans le Nouveau Monde et dans le Vieux Monde. Des contacts furent établis avec les nains et une ère de commerce et de paix vit le jour.

Les gens commençaient à oublier les horreurs de la longue guerre et la population augmentait. Bel-Shanaar, marin d'une très grande habilité, visita personnellement toutes les colonies. Il s'aventura jusqu'à Karaz-a-Karak dans les Montagnes du Bord du Monde pour signer un traité d'amitié avec les rois nains. Malekith devint son ambassadeur personnel auprès de ces derniers, scellant ainsi la tragique destinée des elfes.

En ce temps là, les elfes s'étendirent et se multiplièrent. Les vaisseaux qui revenaient d'Ulthuan étaient chargées de richesses et son trésor grandissait. Les cités étaient magnifiques et décorées des plus belles choses de la terre. Bien que le peuple ne s'en aperçoive pas, le Chaos refaisait surface lentement et insidieusement. Ill réapparut sous une forme contre laquelle ils ne purent rien. Aucune armée ne pouvait le vaincre, aucune arme ne pouvait le blesser car il se présentait sous la forme du culte de Slaanesh. Alors que les richesses ne cessaient d'arriver, les elfes devenaient de plus en plus indolents et se complaisaient dans le luxe. Le culte du plaisir se pratiquait au grand jour sans que personne ne se doute que le Chaos était de retour.

Pendant ce temps, Malekith avait entrepris de nombreux voyages et était devenu célèbre parmi les elfes. Dans les colonies, il mena ses armées à la victoire contre les orques et les serviteurs du Chaos. Il s'aventura sur l'Ile Blafarde à la recherche de l'armure de son père. On dit qu'il se tint en extase devant l'autel de Khaine et qu'il posa la main sur la poignée de l'arme maudite. Elle lui apparut comme un sceptre et non comme une épée. Peut-être prit-il cela comme un signe du destin. De son père et d'Indraugnir, il ne trouva aucune trace.

On expédition le mena jusqu'aux froides colonies du nord du Nouveau Monde. Là, dans les ruines d'une cité pré humaine abandonnée, il trouva la Couronne de Fer, un puissant talisman de sorcellerie. A son retour, il trouva Ulthuan rongé par la méfiance. C'était à Naggarythe, sa terre natale et le siège de la cour de son père que le culte du plaisir était le mieux impliqué. Sa mère, Dame Morathi, était depuis longtemps une adoratrice de ce culte. Des légendes prétendaient même qu'elle en était un des membres fondateurs, voire sa grande prêtresse. Le Roi Phénix était inquiet de la prolifération de ce culte de luxure auquel était de plus en plus associé le nom de Slaanesh. Ses excès avaient déjà dégénéré en sacrifices humains et sa nature chaotique se faisait de plus en plus évidente.

Malekith fut horrifié par ce qu'il trouva à Naggarythe. Il dénonça les adorateurs de Slaanesh, y compris sa mère, et les livra au Roi Phénix. Pour le peuple de Naggarythe, qui se sentait déjà le peuple le plus méprisé d'Ulthuan, ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Ils avaient été les principaux acteurs de la défaite du Chaos et il fallait maintenant qu'on fasse d'eux ses serviteurs. Les princes avaient accepté d'entériner la désignation de Bel-Shanaar alors que leur prince était le vrai descendant d'Aenarion. Et maintenant, leur culte du plaisir était montré du doigt par les agents du lointain Roi Phénix. Devant tant s'injustice, le pays devint rétif à l'autorité du roi et décida d'accueillir les fidèles persécutés du plaisir. On parlait de briser par la force l'édit royal contre le culte. Ulthuan était au bord de la guerre civile.

Une fois de plus Malekith intervint. Sa loyauté au roi et sa haine du culte étaient indiscutables. Il prit le commandement de la guerre contre le culte et une vague de terreur et de suspicion s'abattit une fois de plus sur Ulthuan. Personne ne savait si son propre voisin faisait ou non partie de la secte proscrite, les agents du Roi Phénix pouvaient surgir à n'importe quel moment et se saisir des personnes les plus respectables. Il semblait que les serviteurs de Slaanesh étaient partout. Malekith lui-même ne pouvait dire exactement à quel point la corruption s'était étendue. Pendant ce temps, à Naggarythe, les adorateurs du culte du plaisir devenaient encore plus corrompus, hystériques et pervers. Le Roi Phénix n'eut pas le choix, il dut déclarer la guerre à l'un de ses propres royaumes. Il convoqua ses généraux à un conseil de guerre dans le temple d'Asuryan. A la veille du conseil, la pire des horreurs survint : Malekith déclara que le roi lui-même était en secret un adepte du culte de Slaanesh. Plutôt que de faire face à la honte de la suspicion, le Roi Phénix préféra s'empoisonner. Malekith s'empressa alors de restaurer l'ordre.

Malekith était allé trop loin. Personne ne pouvait croire sérieusement que le roi avait été un adorateur du culte et encore moins les princes rassemblés là, qui avaient tous bien connu Bel-Shanaar. Finalement, la suspicion finit par retomber sur Malekith mais il était trop tard. Lui et ses serviteurs avaient déjà pris possession du temple d'Asuryan et Malekith s'était emparé de la couronne du défunt Roi Phénix. La vérité éclata enfin.

Malekith était fou, il convoitait le trône depuis fort longtemps. Il s'était préparé à tout sacrifier à son ambition. Maintenant il avait atteint son but, les princes et leurs gardes personnelles étaient piégés. Il avait passé une alliance secrète avec son peuple de Naggarythe et une armée de serviteurs de Slaanesh pouvait être levée à n'importe quel moment pour imposer sa volonté aux elfes privés de roi.

Croyant qu'il lui suffirait de tuer les princes et de se couronner lui-même, Malekith s'avança dans la flamme sacrée, persuadé que, comme son père avant lui, il pouvait endurer l'épreuve. Il avait tort, la flamme d'Asuryan n'accepta pas que son corps impur la traverse. Ses cris furent si terribles qu'aucun des témoins ne les oublièrent jusqu'à la fin de leurs jours. Malekith était pris dans les flammes, il se jeta hors du feu par le côté où il était entré. Il était carbonisé. Son corps magnifique était devenu hideux et sa puissance passée n'était plus qu'un souvenir. Lui qui était si bon orateur, sa voix n'émettait plus que d'horribles borborygmes poussées par ses poumons ravagés et sa gorge brûlée. Croyant leur chef mort et craignant le courroux d'Asuryan, ses serviteurs effrayés emportèrent son corps, laissant derrière eux les plus nobles des princes elfiques assassinés sur les dalles froides du temple.

Ainsi commença une ère de tragédie et de conflits.


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MessageSujet: Re: Rois Elfes   Jeu 19 Jan 2006, 22:37

Le Conquérant Caledor 1 - 550 (C.I. - 2749 à - 2199)

Une fois de plus les royaumes elfiques furent plongés dans le chaos. Malekith et ses serviteurs s'enfuirent au nord, à Naggarythe. Sans chef, les elfes ne les suivirent pas. Des discussions à bâtons rompus se tinrent entre les quelques princes survivants, le grand prêtre du temple d'Asuryan et le capitaine de la Garde Phénix. Ils en arrivèrent à la conclusion qu'un seul elfe était capable de succéder à Bel-Shanaar. Le troisième Roi Phénix serait Imrik, qui lors de son couronnement prendrait le nom de Caledor Premier. Il était le petit-fis du célèbre sorcier du même nom et le frère du dernier prince de Caledor, assassiné dans le temple d'Asuryan.

S'il n'avait pas les talents magiques de son grand-père, Caledor était un grand guerrier et un bon général. Lors de l'assassinat des princes dans le temple, il chassait avec son vieil amir Koradel sur les ses terres de Chrace. Caledor était réputé pour son laconisme. Quand le messager parvint au camp, apportant la nouvelle de son avènement, il dit simplement " Pourquoi ? " et à propos de l'assassinat des princes il murmura " Mauvais, très mauvais ", phrase interminable pour un personnage si peu éloquent. Lorsque le messager lui demanda ce qu'il envisageait, il répliqua simplement " la guerre ".

En effet, la guerre éclata. Ce fut à ce moment là qu'advint l'un des évènements les plus importants de l'histoire elfique. Malekith avait envoyé une bande d'assassins pour tuer le nouveau Roi Phénix. Ils arrivèrent juste après le messager du temple et bondirent par surprise sur Caledor. Ils étaient des douzaines et auraient tué le roi si une bande de chasseurs chraces n'était intervenue. Ces robustes montagnards se ruèrent sur les assassins et les décimèrent de leurs grandes haches, sauvant la vie de Caledor.

Plus tard, lorsqu'on lui dit qu'il aurait dû attendre sa garde personnelle, il répondit qu'il n'existait pas de meilleurs gardes que ces chasseurs et il leur demanda de l'accompagner dans son voyage vers le temple. Ils acceptèrent et ainsi furent fondés les fameux Lions Blancs de Chrace, appelés ainsi en raison des fourrures qu'ils portaient.

Caledor embarqua en hâte pour le temple d'Asuryan. Selon la tradition, il traversa le feu sacré et fut accepté par le dieu. Il n'eut pas le temps de participer au rituel d'union avec la Reine Eternelle car les légions de Naggarythe étaient sorties de leur sinistre royaume, brandissant la bannière de Malekith. Caledor demanda à tous les vrais elfes de se joindre à lui pour défendre leurs terres.

La guerre civile fit rage à travers tout Ulthuan. Le frère combattait le frère. Ce fut une période de confusion où courraient les rumeurs les plus contradictoires. Dans les royaumes éloignés et les colonies, personne ne savait qui était le vrai roi. Certains parlaient au nom de Caledor et d'autres au nom de Malekith. Les fidèles du culte de Slaanesh répandaient la confusion partout.

Les deux armées étaient de force égale. Les elfes de Naggarythe étaient nombreux et versés dans l'art de la sorcellerie. Descendants des sombres elfes qui avaient suivi Aenarion après qu'il eut pris l'épée de Khaine, il n'existait pas de guerriers plus féroces en Ulthuan. Les monstres, innombrables dans les montagnes magiques de Naggarythe, étaient capturés et dressés par les Naggarothi. Leur terre montagneuse et ses vallées fortifiées étaient une forteresse imprenable d'où ils lançaient leurs raids. Au début, ils étaient aussi organisés et disciplinés que leurs ennemis étaient troublés. Toutefois, le nouveau Roi Phénix pouvait compter sur les chevaucheurs de dragons de Caledor et les légions de la Garde Phénix.

De nombreuses communautés de Tiranoc et d'Ellyrion tombèrent par traîtrise aux mains de Malekith et de ses serviteurs. A Saphery, royaume réputé pour ses mages, les princes sorciers combattirent les princes sorciers car de nombreux mages avaient poussé leurs recherches beaucoup trop loin et les ténèbres avaient envahi leurs âmes. Alors que les armées du Roi Phénix prenaient lentement le dessus, ces mages corrompus s'enfuirent vers Naggarythe et offrirent leurs services à Malekith.

Ce dernier retrouvait ses forces et fit appeler ses armuriers. Avec l'aide des sorciers saphériens et de Hotek, un prêtre renégat de Vaul, il forgea une puissante armure noire qui donnerait de la force à son corps calciné et flétri. La Couronne de Fer fut scellée à son grand heaume cornu. Le jour de sa création, l'armure noire fut soudée à son corps. Après avoir subi les flammes d'Asuryan, même la chaleur infernale des forges ne pouvait l'atteindre.

A partir de ce jour, tous ceux qui virent Malekith frissonnèrent d'effroi car il avait l'apparence de la mort. L'armure était couverte de runes maléfiques qui tiraient leur puissance directement des royaumes du Chaos et aveuglait ceux qui posaient les yeux sur elles. Sur son bouclier était gravée la rune de Slaanesh dont sa mère avait obtenu la protection. Sur son épée scintillait la rune de Khaine, en l'honneur du puissant seigneur Aenarion. Monté sur un monstre diabolique, un dragon altéré par la puissance du Chaos, il était prêt à mener ses armées au combat. A partir de ce moment, Malekith fut appelé le Roi Sorcier.

Il était terrible et remportait de nombreuses victoires, mais en vain. Lentement mais sûrement, les elfes se ralliaient à Caledor. A maintes reprises, le Roi Phénix fit preuve de ses capacités de général. Il tendit de nombreux pièges et embuscades aux forces du Roi Sorcier et les écrasa sur les champs de bataille. Les Lions Blancs le protégèrent de nombreuses tentatives d'assassinat et les sorciers de Saphery dissipèrent les sorts mortels qu'on lui lançait.

Finalement, sur la plaine de Maledor, à l'entrée du défilé de Naggarythe, Caledor fit face au Roi Sorcier en personne et vainquit sa plus puissante armée, la repoussant vers les marais de Maledor. Malekith lui-même dut s'enfuir sur son grand char noir tiré par des sang-froids. Son dragon avait été mortellement blessé lors de son combat contre le Roi Phénix. Après cela, le peuple de Naggarythe s'enfonça dans son désespoir. Ayant de plus en plus recours à la magie noire pour se défendre, ils invoquèrent des démons et s'allièrent aux forces du Chaos, dévoilant ainsi à tous leur caractère diabolique. C'est depuis qu'on les surnomme les elfes noirs. Mais même leur sombre magie ne pouvait les sauver maintenant qu'Ulthuan avait réuni toutes ses forces. Le Roi Sorcier mit au point un dernier stratagème. Il rassembla tous les sorciers renégats et leur proposa un plan aussi fou qu'audacieux. Ils allaient tenter d'annihiler le vortex et d'ouvrir à nouveau le monde aux forces des ténèbres. Ils profiteraient alors de l'aide des légions démoniaques et le Roi Sorcier et ses serviteurs deviendraient des dieux grâce au pouvoir qu'ils tireraient du Chaos. L'esprit des elfes noirs était si tourmenté que dans leur folie, nombreux furent ceux qui acceptèrent. Mais Urathion d'Ullar pensait que ce plan pouvait anéantir le monde et il s'enfuit dans la nuit pour prévenir le Roi Phénix. Il fut malheureusement tué peu après par le carreau empoisonné d'un elfe noir, mais son message était passé.

Ainsi commença le dernier conflit. Le Roi Sorcier et ses conseillers commencèrent un terrible rituel qui allait libérer le vortex. Les grands mages elfes tentèrent de les arrêter mais le pouvoir magique du Roi Sorcier était tel qu'il prit inexorablement le dessus. Les montagnes frémirent et la terre trembla. Une fois de plus une lumière surnaturelle entoura les montagnes et des nuages d'énergie magique s'élancèrent des pics, aspirés par le ciel. Dans le nord lointain du monde, le royaume du Chaos bouillonna et se prépara une fois de plus à envahir la terre. Dans le camp du Roi Phénix, Caledor priait les dieux et ses ancêtres afin qu'ils lui viennent en aide.

Alors que le crépuscule embrasait le ciel de couleurs mordorées et de lumière chatoyantes, le Roi Sorcier et ses serviteurs lancèrent leur ultime incantation. Les démons du Chaos leur vinrent en aide et les derniers sorts des défenseurs se dissipèrent. Les rires triomphants des dieux du Chaos se firent entendre dans le ciel. Mais alors que la magie noire du Roi Sorcier frappait l'Ile des Morts, au cœur du vortex, de nouveaux protagonistes firent leur apparition. De puissants personnages entourés de lumière renvoyèrent l'énergie mystique sur Naggarythe. Les sorciers elfes piégés sur l'Ile des Morts refusaient la destruction de leur vortex.

La puissance colossale de ces énergies frappa Naggarythe de plein fouet et de nombreux sorciers noirs furent changés en pierre. La terre se souleva et rua comme un cheval fou, une tempête de magie maléfique dévasta le pays. Rien ne pouvait résister aux terribles forces libérées. La terre elle-même se brisa sous la tension titanesque, et à travers l'île continent, des tremblements de terre firent s'effondrer les cités et se soulever les montagnes. Un mur d'eau haut d'un millier pieds submergea tout Naggarythe et la plupart des terres de Tiranoc. Les elfes périrent par dizaine de millier, emportés par les vagues, ensevelis par les tremblements de terre, frappés par les éclairs magiques. Le choc du raz-de-marée fut ressenti jusqu'aux montagnes du Bord du Monde et on en trouve même référence dans les chroniques des rois nains.

Le pouvoir du Roi Sorcier était affaibli mais non brisé. Dans les dernières heures, alors que les mers dévoraient les terres, les plus puissants sorciers de Naggarythe lancèrent de redoutables sorts de magie noire sur leurs donjons. Alors que les vagues se brisaient au sommet des montagnes, les palais des grands sorciers se libérèrent de leurs fondations et flottèrent sur les vagues. Grands comme des icebergs, ils dérivèrent en direction du nord, transportant les derniers serviteurs du Roi Sorcier. Ainsi furent créées les infâmes arches noires de Naggaroth.

La cataclysme détruisit la plupart des constructions érigées sous le règne de Bel-Shanaar et laissa les elfes affaiblis et incapables de poursuivre leurs frères ténébreux. Les arches noires accostèrent dans les terres froides du nord, près de l'endroit où Malekith avait trouvé la Couronne de Fer. Leurs tours devinrent le cœur de nouvelles cités. Quelques arches furent utilisées pour patrouiller sur les mers agitées du nord. Là, elles capturèrent les monstres marins chassés du fond de l'océan par le raz-de-marée et les assujettirent au service de leur seigneur maléfique. Les elfes noirs nommèrent leur nouveau royaume Naggaroth, en mémoire de leur ancien pays.

Après un siècle, une longue période de batailles navales et de raids sur le nord d'Ulthuan commença. Les elfes noirs voulaient récupérer ce qui restait de leurs anciennes terres alors que les hauts elfes s'y opposaient. Aucun des deux camps n'avait la force nécessaire pour l'emporter et l'Ile Blafarde, où reposait encore l'épée de Khaine, changea plusieurs fois de mains. C'est durant cette période que Caledor fit construire les forteresses de la Porte du Griffon, de la Porte du Phénix, de la Porte du Dragon et de la Porte de la Licorne. Il dirigea personnellement la dernière expédition sur l'Ile Blafarde où il se tint devant l'autel. La lame l'appela. Il demeura un moment pétrifié, la tête inclinée, avant de se détourner de l'arme maléfique.

Sue le chemin du retour, le vaisseau de Caledor fut séparé de la flotte par une gigantesque tempête. Il fut attaqué par des elfes noirs qui mirent le feu au navire. Plutôt que de tomber entre les mains du Roi Sorcier, Caledor sauta par-dessus bord et son armure l'entraîna au fond des eaux. Ainsi périt Caledor le Conquérant. Triste fin pour un si grand roi…


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MessageSujet: Re: Rois Elfes   Jeu 19 Jan 2006, 22:40

Le Guerrier Caledor le Second 1 - 598 (CI -2198 à -1600)

La mort de Caledor le Premier causa un choc terrible aux elfes. Le vieux guerrier avait gouverné le royaume d'Ulthuan pendant sa plus grande crise et il avait réussi à le garder uni alors qu'il aurait pu facilement se diviser et être conquis. Après la guerre contre les elfes noirs, il laissait à son successeur une armée puissante, une ligne fortifiée au nord et la marine la plus puissante du monde. Malheureusement, tout cela fut vain.

Le conseil des princes se réunit au temple d'Asuryan. Au souvenir des fatals événements du dernier conseil, la Garde Phénix fut doublée et des précautions furent prises pour que rien ne transpire des délibérations du conseil et ne tombe entre les mains des espions. Souhaitant assurer une certaine continuité, ils choisirent le fils de Caledor, qui allait devenir le Roi Phénix Caledor le Second et apprendre aux elfes la folie de la royauté héréditaire.

Là où sont père avait été sage, Caledor se montra insensé. Là où son père avait été fin stratège, le fils fut désordonné et impétueux. Caledor II était orgueilleux, vaniteux, présomptueux et grandiloquent. Il n'avait hérité que d'une seule qualité de son père, c'était en effet un grand guerrier. Mais pour un peuple qui recherchait désespérément la stabilité, choqué au plus profond de son âme par la séparation survenue avec ses frères de Naggaroth, il représentait une autorité familière.

Son règne débuta pourtant par une victoire. Ses flottes débarrassèrent les mers du nord des corsaires de Naggaroth et les routes commerciales, coupés durant la Déchirure, redevinrent praticables. Les elfes eurent de nouveau des contacts avec les nains. Karaz Angkor était alors à l'apogée de sa puissance, c'était l'âge d'or de la civilisation des nains. Leurs alchimistes faisaient des expériences avec de la poudre à canon et leurs ingénieurs avaient maîtrisé les principes de base de la propulsion à vapeur.

L'acier forgé par les nains était le plus fin du monde et leurs jouets mécaniques faisaient le bonheur des enfants elfes. A travers les Montagnes du bord du Monde, sous la terre, des voies fortifiées reliaient les cités souterraines.

Des rumeurs relatives à la guerre civile étaient parvenues aux oreilles des nains, mais ils ne comprirent pas immédiatement la situation. Le fratricide leur était totalement étranger et aucun nain n'aurait brisé un serment fait à son seigneur. A l'exception de quelques batailles navales, le Vieux Monde ne connut pas la guerre. En sécurité dans leurs forteresses montagnardes, les nains ne prirent pas garde à ces événements et ce fut cette inconscience qui causa leur perte.

Le Roi Sorcier de Naggaroth ourdit un nouveau complot. Alors que les elfes revenaient dans le Vieux Monde, le commerce entre les deux royaumes reprit. Lorsqu'il était ambassadeur de Bel Shanaar, Malekith avait découvert les routes commerciales secrètes des nains et il allait mettre à profit cette découverte. Des pillards elfes noirs déguisés en guerriers d'Ulthuan attaquèrent une caravane de nains et en volèrent les biens. Ce furent évidemment les hauts elfes qui furent soupçonnés.

Le roi Gotrek demanda que justice soit faite, mais la réponse du Roi Phénix manqua de diplomatie. Il décréta en effet qu'un Roi Phénix ne se soumettait pas aux exigences et qu'il n'accédait qu'aux suppliques. Les nains sont fiers et susceptibles, et suggérer à un roi nain d'implorer pour obtenir quelque chose était aussi insultant que de lui demander de se raser la barbe. La réponse du roi Gotrek fut cinglante, il ne plierait le genou devant ni elfe ni dieu et il exigeait, comme amende pour l'insulte qui lui avait été faite, le double du dédommagement pour le vol dont les nains avaient été victimes. Caledor renvoya l'ambassadeur nain après lui avoir fait couper la barbe en rétorquant que si Gotrek désirait que justice soit faite, il n'avait qu'à se rendre en personne à Ulthuan. Alors que ces incidents se déroulaient, les agents de Naggaroth se disséminaient dans le Vieux Monde et fomentaient de nombreux troubles. L'affaire devenait une question d'honneur, il n'y avait qu'une seule issue, la guerre.

Les armées des nains marchèrent sur la cité commerciale de Tor Alessi (aujourd'hui l'Anguille en Bretonnie) et l'assiégèrent. Gotrek fit serment de récupérer ce qui lui avait été volé, en argent ou en sang elfique, sinon il se raserait la barbe. Cette promesse était importante. Humilié d'avoir eu la barbe rasée, son ambassadeur était devenu tueur de trolls, et les nains étaient déterminés à éviter que leur roi ne connaisse pas le même destin.

Averti de l'attaque des nains, Caledor se sentit gravement outragé. Il expédia immédiatement vers Tor Alessi une flotte puissante transportant une grande armée. Alors qu'ils regardaient s'éloigner les vaisseaux, ses conseillers craignirent qu'un tel départ ne laisse Ulthuan vulnérable. A cette remarque, Caledor opposa une rage sans nom, car il considérait que ces craintes n'étaient pas fondées.

Dans le Vieux Monde, la guerre s'éternisait. Aucun camp n'était assez fort pour prendre l'avantage sur l'autre. Les cités des nains étaient quasi imprenables. Les sévères et robustes troupes naines étaient différentes de celles que les elfes avaient rencontrés jusqu'alors. Elles refusaient d'abandonner ou d'admettre la défaite, même quand elles étaient désespérément dépassées par le nombre. Ce n'était pas la bravoure frénétique des hordes du chaos mais une incroyable ténacité alliée à une tactique sans faille et à une capacité militaire consommée. De leur coté, les nains furent étonnés par la puissance des forces elfiques. Ils ne s'attendaient pas à affronter ces immenses armées de chevaliers et de fantassins disciplinés mais, étant des nains, ils ne pouvaient pas admettre leur erreur.

La guerre engendra une haine qui devait durer des milliers d'années. En réponse à l'insulte de la barbe rasée, les nains rasèrent les forêts. Les deux camps combattirent jusqu'à l'épuisement presque total de leurs forces. Las de cette situation, Caledor envoya ses généraux et prit le commandement. Et ce fut là sa dernière erreur. Lors du quatorzième siège de Tor Alessi, il chargea l'infanterie des nains et fut abattu par Gotrek qui lui arracha la couronne du Phénix comme rétribution de l'insolence des elfes.

Les nains se retirèrent du champ de bataille, ils estimaient que leur honneur était sauf et ils refusèrent de répondre aux doléances des elfes pour récupérer la couronne. Gotrek déclara que s'ils le désiraient, ils pouvaient venir à Karaz-a-Karak et supplier qu'elle leur soit rendue. De nos jours, la couronne du phénix est encore entre les mains des nains et elle est une source de rancune et de haine incessante entre les deux peuples. Les nains appellent les elfes briseurs de serments et tondeurs de barbe, et les elfes les traitent de voleurs. Cette guerre avait été mesquine, dure et inutile, cependant le pire était à venir.

Alors que les elfes préparaient une expédition suicidaire pour assiéger Karaz-a-Kara, la forteresse la plus inexpugnable du monde, la nouvelle d'une autre invasion des elfes noirs survint. Le long stratagème du Roi Sorcier avait porté ses fruits.
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MessageSujet: Re: Rois Elfes   Jeu 19 Jan 2006, 22:40

Le Pacifique Caradryel 1 - 603 (CI -1599 à -997)

Une fois de plus, les elfes étaient en guerre, sans Roi Phénix pour les diriger. Les flottes du Roi Sorcier accostèrent sur l'Ile Blafarde et reprirent la plus grande partie du Pays des Ombres. Plusieurs archers noirs s'ancrèrent dans la baie d'Antec pour former le cœur d'une nouvelle cité fortifiée. De là, les elfes noirs poussèrent vers le sud pour assiéger la Porte du Griffon.

Les hauts elfes étaient pris au piège, combattant sur deux fronts contre deux puissants adversaires. Le quatrième concile se rassembla au temple d'Asuryan et choisit Caradryel d'Yvresse qui était aussi différent de Caledor que le jour l'est de la nuit. Piètre soldat, mais grand dirigeant, il alliait le calme à la modestie.

Il prit la grande décision d'abandonner les colonies du Vieux Monde, car il lui semblait insensé de maintenir une immense armée au-delà des mers, quand une menace encore plus pressante menaçait sa terre natale. Il abandonna la première couronne du phénix et en fit forger une nouvelle et il rappela les armées extérieures. Un immense tollé s'éleva parmi les elfes les plus traditionalistes. Il leur semblait que laisser la couronne du phénix entre les mains des nains était une insulte à l'honneur des elfes. Caradryel répondit qu'il préférait perdre une couronne que le royaume et il n'en continua pas moins de mener sa politique.

Des protestations, auxquelles se joignirent celles de leurs parents en Ulthuan, s'élevèrent également parmi les colons du Vieux Monde qui ressentirent le départ des armées comme une trahison. Caradryel leur rétorqua que si les elfes des colonies du Vieux Monde avaient besoin de la protection des armées d'Ulthuan, ils n'avaient qu'à revenir sur l'île continent. De nombreux elfes revinrent, mais d'autres, comme ceux d'Athel Loren, refusèrent d'abandonner leur terre d'élection et restèrent dans le Vieux Monde. Ils optèrent pour un style de vie différent, leur culture divergea de celle des autres elfes et ils se déclarèrent indépendant du trône du phénix. Caradryel n'insista pas. Préoccupé par des soucis autrement plus graves, il ne désirait pas compliquer la situation par une nouvelle guerre civile. Reconnaissant son incapacité militaire, il désigna un groupe de brillants officiers pour commander l'armée des hauts elfes. Ils obtinrent de nombreuses victoires. Tethlis de Caledor, en particulier, se construisit une brillante réputation en brisant le siège de la Porte du Griffon et en faisant reculer les elfes noirs jusqu'à Antec. Caradryel continua à superviser la retraite du Vieux Monde. Il renforça les troupes qui gardaient les portes fortifiées et y mit en place un système de relèves afin que les unités qui surveillaient ces points stratégiques soient toujours reposés et au meilleur de leur force.

Durant toute la fin du règne de Caradryel, des guerres sporadiques firent rage dans le nord d'Ulthuan. D'innombrables elfes noirs arrivaient de Naggaroth pour se heurter aux armées disciplinées et bien entraînées du Roi Phénix dont beaucoup étaient composés de vétérans qui avaient combattu les nains.

Les mers du Nord furent le théâtre de nombreuses batailles navales. Cependant, malgré un programme de construction navale toujours plus performant, les hauts elfes ne purent jamais débarrasser les mers de leurs ennemis.

Premier roi à mourir paisiblement dans son lit, Caradryel se distingua jusqu'à la fin des autres Roi Phénix.




Le Tueur Tethlis 1 - 304 (CI - 996 à - 692)

Le cinquième concile choisit comme nouveau Roi Phénix Tethlis de Caledor, le héros de la Porte du Griffon. Tethlis fut un seigneur guerrier. Il avait appris de Caradryel la valeur de la préparation et de l'organisation et il s'assit sur le trône avec un but bien précis : bouter les elfes noirs hors d'Ulthuan et reprendre l'Ile Blafarde aux enfants de Naggaroth. Il suivit son plan avec détermination.

Le cœur de Tethlis débordait de haine pour les enfants de Naggaroth, car ils avaient tué toute sa famille lors de l'un de leurs nombreux raids. Jamais les elfes noirs n'eurent ennemi aussi implacable. Il combattait dans le but unique de mettre fin à tout jamais à la menace de Naggaroth. Si le Roi Sorcier avait commencé cette guerre interminable, Tethlis était déterminé à la finir. Il aurait pu y arriver si la puissance des dragons ne s'était mise à décliner. Durant la dernière partie du règne de Caradryel, les dragons étaient devenus beaucoup plus rares. Ils tombaient dans un sommeil de plus en plus long et ne se réveillaient qu'une fois par siècle. Les elfes durent augmenter leur puissance dans d'autres domaines afin de compenser la perte de la force sauvage de ces grands animaux.

Les premières années du règne de Tethlis virent la création de nouvelles armées. Chaque cité devait développer de nouvelles techniques martiales et y entraîner des troupes. C'est en apportant grand soin aux détails que Tethlis mit sur pied des forces qui atteignirent une puissance qu'elles n'avaient jamais eu depuis le règne d'Aenarion. Il ne conduisait pas une armée au combat s'il n'était pas sûr de surpasser son adversaire et de gagner.

Il brisa la résistance des elfes noirs. Durant ces longs siècles, une série d'offensives les repoussèrent dans le Pays des Ombres jusqu'à la pris d'Antec. Tethlis était un être froid et impitoyable même aux yeux d'un elfe. Ordre fut donné de raser la cité. Il n'y eut aucun prisonnier. Du sel fut répandu sur la plaine. Ses sujets, bien que choqués, lui obéirent tout de même. Il n'y eut pas un seul elfe noir qui survécut en Ulthuan.

Ayant débarrassé Ulthuan de ses ennemis, Tethlis tourna son attention vers l'Ile Blafarde qui était aux mains des légions du Roi Sorcier. La plus grande armada elfe de tous les temps fut rassemblée pour la reconquérir. D'innombrables navires transportèrent des troupes. Les mages elfes contrôlèrent le temps afin d'écarter les tempêtes de garder le ciel clair. Les mers furent lavées de la présence de vaisseaux ennemis. Sur les rivages de l'Ile Blafarde, les hordes des elfes noirs se rassemblaient, déterminés à empêcher le débarquement des elfes.

Les elfes accostèrent et ainsi commença la bataille des vagues. Au moment du débarquement, des milliers de hauts elfes furent fauchés par les tirs d'arbalètes mais les balistes des navires envoyèrent une pluie de traits sur les Naggarothi rassemblés. L'eau de la mer se teinta de rouge. La haine décuplant leurs forces, les elfes noirs chargèrent dans les vagues et une grande mêlée s'engagea. Les guerriers des deux camps combattaient rageusement, des tourbillons d'eau et de sang mêlés montaient à leurs genoux. Faute d'espace pour manœuvrer, les guerriers ne faisaient que se tailler en pièce. Les blessés étaient piétinés et noyés dans les flots peu profonds. Mètre par mètre, les elfes se frayèrent un chemin jusqu'à la plage.

Depuis les falaises, les elfes noirs décochèrent une pluie de flèches. Mais le prévoyant Tethlis s'attendait à cette riposte. Alors que les elfes noirs combattaient sur les plages, une autre force de hauts elfes accostait à quelques lieux de là. La cavalerie des Heaumes d'Argent longea rapidement la côte et prit à revers les elfes noirs postés sur les falaises. Dans la terrible bataille qui s'ensuivit, les elfes noirs furent culbutés dans le vide avec des cris d'effroi. Leurs corps furent déchiquetés sur les rochers de la grève. Les elfes avaient maintenant une solide tête de pont qui leur permettait de débarquer le reste de leur armée. Ils envahirent rapidement l'île et repoussèrent leurs frères des ténèbres jusqu'à la mer. Le carnage fut effroyable, des dizaines de milliers d'elfes noirs furent massacrés. Ce spectacle fut à la limite du supportable même pour les capitaines elfes les plus aguerris. Ils craignirent que leurs troupes ne prennent goût à de tels combats sanglants et qu'ils ne deviennent pire que ceux qu'ils combattaient. De nombreux capitaines refusèrent de continuer jusqu'à Naggaroth, les pertes étaient trop lourdes pour continuer. Tethlis insista pour qu'ils le suivent mais, attiré par une force irrésistible, il se rendit d'abord à l'autel de Khaine, Tethlis aperçut l'éclat scintillant d'un objet. Etrangement attiré par la lumière, il découvrit l'armure dragon d'Aenarion. Il ne trouva pas les ossements d'Aenarion ni d'Indraugnir. Il donna cette armure à Auaralion, l'arrière petit fils de Morelion, le fils qu'Aenarion avait eu avec Astarielle. Ce fut là son dernier acte de Roi Phénix.

Deux versions se confrontent pour expliquer les événements qui suivirent. Certains textes prétendent qu'il renvoya ses Lions Blancs et le reste de ses serviteurs, déclarant qu'il désirait rester seul un instant pour contempler la lame qui avait causé tant de mal à sa race. Un assassin bondit alors de sa cachette d'ossements et poignarda Tethlis avec une lame empoisonnée. D'autres prétendent que Tethlis empoigna l'épée de Khaine qui, dans ses mains, se mit à vibrer et se libéra de l'emprise de l'autel. Le roi fut alors abattu par sa propre garde personnelle qui craignait que la malédiction de l'arme fatale d'Aenarion ne soit à nouveau déchaînée sur ce monde.

Personne ne sait exactement ce qui arriva. Les érudits sont partagés. On sait seulement que ce fut le jour de la mort de Tethlis. Orpheline de sa présence charismatique, l'armada abandonna l'invasion de Naggaroth.


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